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“Le souci de simplicité et de rendre cet article compréhensible par tous nous a poussé à délibérément occulter ou caricaturer certains détails des théories et faits économiques. Par conséquent, cet article ne saurait être jugé avec la rigueur des raisonnement scientifiques.”

L’inflation est un terme souvent utilisé par beaucoup d’entre nous. Bourreau de la population, redoutée par les gouvernements, elle est souvent utilisée comme motif de revendication par les mouvements syndicaux ou argument de campagne pour les opposants. L’inflation n’est pas juste un problème pour les non fanatiques car même pour les économistes sensés la maîtriser, elle reste un vrai casse-tête. Mais en réalité, qu’est que c’est que l’inflation et est-elle toujours nuisible pour l’économie ?

L’inflation est souvent définie comme une hausse générale et continue du niveau des prix. Deux aspects importants sont à souligner dans cette définition. Ils sont relatifs à la nature indispensablement “générale et continue” que doivent revêtir la hausse des prix pour être considérer comme une inflation. L’inflation est donc calculée, en mesurant la variation de prix d’un groupe (panier) de produits et en prenant en compte une période, par exemple. Et si elle fait l’objet de tant d’attention de la part de toutes les couches de la société c’est qu’elle touche au pouvoir d’achat des individus. En terme plus simple, nous pouvons dire que dans une économie où l’inflation sévit, les individus avec la même quantité de monnaie (ou d’argent) ont l’impression d’être plus pauvres car ne pouvant plus s’acheter la même quantité de biens qu’au paravent. La monnaie perd de sa valeur (la même quantité de bien coûte plus chère qu’avant). L’inflation est donc crainte par les acteurs économiques.

Face à l’inflation, les travailleurs montent généralement au créneau pour exiger des gouvernements ou de leurs employeurs des augmentations de salaires. Ils le font généralement pour plusieurs raisons. L’une de celles-ci est que, avec l’inflation, les travailleurs avec le même niveau de salaire n’arrivent plus à s’acheter la même quantité de bien qu’au paravent et ceci bien que les prix de vente de ce qu’ils produisent ait augmenté sur le marché. Ils se sentent encore plus exploités. L’autre raison est que les syndicalistes ou organisations sociales considèrent généralement l’inflation comme le résultat des mauvaises gouvernances ou des mauvaises décidions des dirigeants politiques ou des autorités monétaires. La persistance de la situation alimente la bombe sociale ( terme emprunté aux économistes marxistes ) et offre un terrain fertile aux opposants politiques qui profitent pour mettre en exergues l’incapacité des autorités politique à bien gérer l’économie.

Face aux frondes sociale et politique qui montent, les gouvernements voient leur stabilité menacée et se voient donc obligés de réagir. Mais lutter contre l’inflation n’est pas une mince affaire et cela pour plusieurs raisons. La première est que les origines de l’inflation bien qu’elles soient généralement considérées comme monétaire restent complexes et difficiles à cerner. Et maîtriser l’inflation demande de faire appel à des mesures aussi bien de long que de court terme. Des mesures qui peuvent s’avérer contradictoires du fait des interactions et divergences qui peuvent résulter des politiques visant ces deux dimensions temporelles. Aussi, la lutte contre l’inflation passe par une utilisation judicieuse de la politique monétaire. De plus, elle pourrait avoir des effets néfastes sur l’économie réelle. En effet, la courbe de Phillips ( du nom d’un célèbre économiste keynésien ) montre que les politiques visant à réduire l’inflation dans une économie font augmenter le taux de chômage. Et justement, même si la perte d’emploi par certains à court terme pourrait se révéler bénéfique pour l’économie à long terme, elle est peu souhaitée par les décideurs, plus particulièrement politiques. Au-delà de ça, la résolution de cette équation hausse de chômage – baisse de l’inflation (et vice versa) a toujours représenté un casse-tête pour les économistes. Face à ce dilemme que font donc les autorités politiques, surtout des pays en voie de développement ?

Les autorités politiques dans le souci de se faire réélire ou de gagner des suffrages lors des nouvelles joutes électorales seront toujours tentés de prendre des mesures allant dans le sens de contenter leur électorat. Ces mesures sont généralement portées sur le court terme et peuvent se révéler en contradiction avec les objectifs économiques de long terme. Le gouvernement peut, par exemple, faire recours à la planche à billets c’est-à-dire, faire recours à la banque centrale pour créer de la monnaie. Cette monnaie est injectée dans l’économie pour, par exemple, augmenter le salaire des fonctionnaires, augmenter leur pourvoir d’achat et donc pour désamorcer la fronde sociale causée par la situation inflationniste. Ici, deux éléments importants sont à souligner. La première est que cette mesure, qui pourrait s’avérer efficace à court terme, est souvent nuisible pour les économies à long terme et est source de plus d’inflation et de problèmes dans l’économie dans le long terme. Mais justement, le long terme, les gouvernements en quête de rente électorale s’en foutent car leur objectif est généralement de gagner les élections qui sont généralement à court terme. Deuxièmement, cette possibilité d’influencer la production de la monnaie par le gouvernement s’observe généralement dans les pays ou la banque centrale n’est pas complètement ou réellement indépendantes de l’appareil gouvernemental.

A ce sujet, la zone CFA est souvent citée comme exemple, spécialement comparé aux pays comme le Nigéria ou le Ghana dont l’économie souffre fréquemment de taux d’inflation élevées. La zone franc CFA se vente généralement de taux d’ inflation faible et de la stabilité de sa monnaie. Ceci est rendu possible selon l’indépendance affiché par la BCEAO et le lien stable entre la monnaie et l’Euro. Là encore, les réalités ne sont pas si simples qu’elles pourraient paraître. En effet, les études récentes portant sur les effets non-linéaires de l’inflation sur la croissance, nous invitent à plus de réflexions. Ces études soulignent, par exemple, que l’effet de l’inflation n’est pas toujours négatif sur les économies. Ces études montrent l’existence d’effet de seuil en ce qui concerne l’effet de l’inflation sur la croissance. Notamment elles font la différence entre les pays développés et les pays en voie de développement. Elles montrent que jusqu’à un certain taux, (environ 2%) l’inflation impact positivement la croissance dans les pays développés et qu’au-delà de ce taux elle commence par nuire à la croissance. Mais dans les pays en voie de développement, le seuil est bien plus large ( entre 11 et 17% ou plus, selon certaines études ). Ainsi jusqu’à 17% en moyenne, la croissance n’est pas nuisible dans les pays en voie de développement et peut même être source de croissance. Il est donc important de se poser la question de l’utilité des taux d’inflation trop bas et parfois nul dans certains pays de la zone franc. Cette question parait d’autant plus importante quand on sait l’effet positif que pourrait avoir sur la motivation à investir dans un pays où le top d’inflation reste modéré. Toutefois, plusieurs autres questions restent à poser par rapport à l’inflation et à la gestion de la monnaie dans cette zone. Elles sont essentiellement relatives aux taux d’inflation dans la zone et à l’intérêt de conservation de ce mécanisme unique au monde. Ainsi, la question se pose de savoir si, les faibles (et parfois trop faibles) taux d’inflations, affichés dans la zone, reflètent les réalités économiques de la zone ou plutôt celle de la monnaie d’encrage ?

Le taux d’inflation est-il optimal dans la zone, et n’est-il pas un frein à l’octroi de crédit et à l’investissement dans la zone ? Enfin, le mécanisme de gestion de la monnaie n’implique-t-il pas plutôt une collaboration entre différentes banques centrales, qu’entre banque centrale et le trésor d’un pays ? Voilà une liste non-exhaustive de questions que soulèvent la notion de l’inflation et de politique monétaire dans la zone CFA. Bien évidement ces question feront l’objet de discussion dans nos futurs articles.

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