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Si vous me lisez pour la première fois, je suis Précieuse Nadie, une jeune femme de 25 ans qui construit sa vie sur des valeurs et des principes qui lui sont intouchables. Depuis 2015, je savais ce que je voulais faire de ma vie et jusque-là, chaque jour, je me bats toute seule pour que très bientôt, je sois en mesure de me regarder beaucoup plus fièrement dans mon miroir et pour que mes enfants n’aient pas besoin de sortir de la maison pour trouver leurs modèles de réussite. Aujourd’hui, je dirige un mouvement d’entrepreneuriat social que j’ai fondé pour contribuer à l’émergence sociale, économique et professionnelle des jeunes Africains à travers la liberté d’expression, les échanges d’expérience et l’exposition de l’Afrique au reste du monde. Avec « Open Conscience », je suis très heureuse d’avoir impacté plus de 1000 jeunes de façon directe, sans l’aide financière de qui que ce soit. Avec mon projet « The Power Of Slam », je suis fière d’avoir fait découvrir à plus de 100 élèves de mon pays ce qu’est la liberté d’expression avec le soutien de U.S. Embassy Cotonou. Avec boussoleprecieuse.com, mon blog de tourisme virtuel conçu pour promouvoir l’image de marque de l’Afrique et encourager mes lecteurs hors du continent à faire un tour chez nous, je prends du plaisir pour le moment à partager les histoires des personnes qui méritent d’être connues en attendant de pouvoir voyager à travers tous les pays d’Afrique et je suis extrêmement fière que mes articles soient déjà lus par des milliers de personnes à travers le monde.Je fais ce récapitulatif pas pour exposer mes exploits mais pour rappeler mon combat quotidien, pour qui et pourquoi je le fais.J’écris et ça reste ma passion mais derrière chaque texte qui procure de la motivation à mes abonnés ou derrière chaque article publié, ce sont des heures de dialogue entre moi et moi, des heures de brainstorming, des heures à penser à quelle tournure employer pour que la lecture ne soit pas une corvée mais une partie de plaisir pour mes abonnés. Ce sont aussi des jours où pendant que tout le monde ronfle, mon unique compagnon est mon MacBook.Dans cette aventure, j’ai investi des économies. Je n’ai pas demandé à un copain de me payer un nom de domaine, je n’ai pas demandé à mes parents de m’offrir mes outils de travail ( ils m’ont déjà donné la vie) et je ne suis pas allée prêter un cerveau pour paraître intelligente.Dans la journée du vendredi 29 MARS 2019, je publiais sur mon blog un article dont le titre était: « Yacine Bio Tchané, un trésor de l’univers des finances ». J’ai écrit ce billet parce que j’avais envie de l’écrire, donc, comme toujours, j’y ai mis beaucoup de moi ( mon temps, mon énergie…). C’était 1 heure 3 minutes et 3 secondes d’interview et des heures d’écriture, de lecture, de relecture, de correction… Cet article, je l’ai partagé avec tout mon réseau et je remercie toutes les personnes qui l’ont relayé et m’ont dit qu’elles étaient reconnaissantes que je leur fasse découvrir un nouveau visage. J’étais encore une fois heureuse d’avoir servi à quelque chose.

Dans la matinée du Vendredi 5 AVRIL 2019, je reçois par WhatsApp la Une du journal « L’ÉVÉNEMENT DU JOUR » de ce jour qui portait le titre « UNIVERS DES FINANCES. YACINE BIO TCHANE, UN TRÉSOR AU PARCOURS ÉLOGIEUX ». J’étais naïvement contente au départ parce que je me disais qu’une nouvelle interview a été faite au dernier visage de mon blog. Après, mon attention a été attirée sur le fait qu’il fallait vérifier si l’article a été crédité. C’est précisément à ce point que j’ai réalisé que ce n’était pas une nouvelle interview, que c’est mon billet à moi qui venait d’être publié dans ledit journal mais avec son titre périphrasé.Je ne suis pas adepte des conclusions hâtives, alors puisque j’étais au travail, j’ai demandé à des amis de me rechercher cette parution. En fin de journée, rien. Ils n’ont pas pu l’avoir.J’ai alors été obligée de demander un contact qui travaille dans cet organe de presse et j’en ai eu deux le week-end. Ma politesse ne me permettait pas d’appeler les gens à des jours où ils sont supposés se reposer pour leur parler de choses liées à leur travail.J’ai alors attendu lundi matin pour appeler ces deux numéros. Le premier me demande ce que je voulais faire avec le journal et me dit qu’il me rappellera; appel que je n’ai pas reçu jusque-là. Le deuxième m’informe qu’il n’avait plus un exemplaire sur lui et qu’il allait m’en chercher dans un kiosque. Il a eu la gentillesse de me demander où est-ce qu’il pouvait me l’amener et de me dire de le rappeler vers 15h si jamais il oubliait. Il sonnait à peine 15h quand mon téléphone a sonné. C’était lui. J’ai payé les 300 FCFA du journal et voici nos échanges: – Lui: « Excusez-moi, qu’est-ce qui vous intéresse dans le journal? » – Moi: « C’est un article. » – Lui: « C’est l’article sur Yacine Bio Tchané? » – Moi: « Oui. C’est vous qui l’avez écrit? » – Lui: « J’ai vu ça sur un site là là… j’ai copié et j’ai juste changé le titre… » – Moi: « C’est quel site? » – Lui: « J’étais fatigué donc je ne sais plus vraiment. » – « D’accord. Merci à vous. Bon après-midi. »

Bon sang! L’homme me parlait de MON BÉBÉ boussoleprecieuse.com. Pour moi, c’était comme si une autre femme venait me dire que ma fille était sa fille et qu’elle avait en complicité avec des agents indélicats d’une mairie, retiré mon nom de son acte de naissance et l’a substitué par le sien.Les expériences de la vie m’ont enseignée le calme dans toutes les situations. Sans vouloir me vanter j’ai acquis une certaine maturité qui ne me donne pas la possibilité de m’agiter ou de me précipiter face à des faits supposés me mettre hors de moi.Quand je montais les escaliers, je gardais toujours l’espoir de voir la source de MON ARTICLE citée. Hélas, la désillusion m’a été un peu dure à endosser.

Les premières minutes, j’ai été encouragée à prendre un Avocat pour que justice soit faite mais quelques heures après, je devais prendre la décision qui m’est convenable.Du fond de mon cœur, j’ai eu mal. J’étais tombée dans un mélange d’interrogations et de colère sans le vouloir. J’ai choisi de prendre du recul pour ne pas verser dans un sentimentalisme inopportun.J’ai pensé à toutes mes nuits blanches. J’ai pensé à mes valeurs et à celles que je défends. J’ai pensé à Open Conscience. J’ai pensé à ma communauté. J’ai pensé à mon combat depuis 4 ans. J’ai pensé à une amie Béninoise qui a retrouvé son post Facebook sur le mur d’une Malienne. Cette dernière n’a pas eut le temps de réfléchir pour sortir quelque chose de potable de sa tête mais, a pris le soin d’appliquer des modifications erronées à la publication de mon amie et a même osé y poser sa signature. J’ai pensé à toutes ces fois où je pouvais passer du temps avec ma famille ou avec mon amour et où je me dis, « Non! Il faut que tu finisses ce travail ». Quand je ne finis pas, le monde peut s’en aller… J’ai pensé à tout ça et je me suis convaincue que CE N’EST PAS NORMAL!Il y a des détails qui très peu m’importent et dont je vous épargnerai. Le fait, c’est que mon article a été victime d’un plagiat pathétique et c’est très révoltant. J’en parle ici deux semaines après parce que j’avais besoin de temps pour ne pas laisser mes émotions guider mes décisions.J’ai décidé pour le moment d’emprunter une voie pacifique. Le MARDI 09 AVRIL 2019, j’ai adressée ma première plainte au Président l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les Médias ( ODEM) et le VENDREDI 12 AVRIL 2019, la deuxième plainte au Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ( HAAC). Je ne sais pas encore s’il y en aura une troisième.Nous sommes dans un pays où, les œuvres de l’esprit sont banalisées et ridiculisées. – « Je suis dessinateur ». – « Okay, et après? ».- « Je suis photographe ». – « Okay, moi aussi j’ai un appareil photo ».- « Je suis mannequin ». – « Okay, mais change de profession, c’est un monde de prostitution ».- « Je suis slameur ». – « Oh c’est vous qui bavardez tout seul. Alors dites-moi, quelle est votre profession? »- « Je suis chanteur ». – « Okay, j’ai un événement demain. Vous pouvez nous faire une prestation gratuite? ».- « Je suis blogueuse ». – « Okay, ça tombe bien. Je peux voler tes écrits! ».Dites, vous pensez sincèrement que nos œuvres tombent du ciel ou qu’on va voir un génie dans la forêt qui nous les donne? Même si c’était le cas, nous prenons des risques. Nous pouvons excuser l’ignorance mais nous ne pouvons pas excuser le vol et la fainéantise.Dieu, il a doté chaque être humain d’un cerveau et c’est à la base très ingrat de ne pas faire usage du sien de façon efficiente et de guetter ce que les autres font des leurs pour venir jouer après aux intéressants. Dans une journée, nous avons tous autant que nous sommes droit à 24 bonnes heures. Alors, je ne conçois pas que des gens ronflent pendant que nous travaillons et deviennent à leur réveil, les auteurs de nos productions!On m’a dit: – « Précieuse, laisse tomber, les gens font ça tout le temps ». – « Précieuse, on est au Bénin, ils vont éteindre l’affaire ». – « Précieuse, c’est juste un article ». – « Précieuse, ça va te prendre beaucoup d’énergie ». – « Précieuse, il faut faire attention, ces journaux ont des gens partout… ».Mais vous savez quoi? IT’S NOT MY CUP OF TEA!Le silence dans ces cas est une expression délibérée de soutien, une approbation et un consentement. Tant qu’on laissera ces ignominies se reproduire, les gens continueront à les ériger au rang de normes. Tant qu’on se dira que c’est le Bénin, c’est l’habitude, c’est la coutume ou toute incongruité de la même trempe… moi, je ne serai plus en mesure de répéter à l’international que mon pays est un pays où les droits des citoyens sont respectés… et ce n’est pas mon rêve! Tant que les gens peuvent se lever, s’autoproclamer propriétaire de nos œuvres et s’autoriser certains luxes dégoûtants alors qu’ils ne cherchent pas à nous connaître, l’art n’aura jamais aucune valeur sous nos cieux!Le journalisme est un métier noble que je respecte énormément alors, je trouve qu’il est urgent que les nouvelles personnes qui exercent cette profession s’informent du Code de Déontologie et d’Éthique de la presse avant de chercher à informer les citoyens de l’actualité.Ce code en son ARTICLE 6 dispose: « Le journaliste s’interdit le PLAGIAT, la calomnie, la diffamation, l’injure et les accusations sans fondement ». Pourtant, le journal « L’ÉVÉNEMENT DU JOUR » n’a pas été en mesure de s’empêcher de violer non seulement cet article mais aussi les articles 13, 14 et 19 dans le cas d’espèce.Je veux pouvoir compter sur l’ODEM et sur la HAAC pour décourager l’imposture et la paresse intellectuelle dans cette profession qui mérite le respect de tous.Je ne sais pas ce que ce post me coûtera mais je préfère payer ce prix que de payer le prix que le silence coûtera à moi et aux créatifs Africains.J’ai fini!—————Signé, Précieuse Nadie Semanou.

Posté sur mon Facebook le 19.04.19, 08:06.

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